Peu de choses de la culture ukrainienne filtrent jusqu’à nous. Vous voulez découvrir un truc qui pourrait faire se lever Vernon Subutex et votre cousine prof d’histoire-géo?

DakhaBrakha ça veut dire à peu près « Donner & Prendre » en Ukrainien et ça va vous dessiller les oreilles, si j’ose dire. Allez, j’ose .... https://youtu.be/gqHJT5fZuJk

Des voix qui vous transpercent jusqu’aux tripes, des rythmes aussi anciens qu’innovants, des musiciens aussi à l’aise à la BBC qu’au Podol à Kiev, dans les blés, sous les ponts des autoroutes et près des culturistes en sueur. https://dakhabrakha.com.ua/

Rappel de quelques basiques  des Carpates, pour bien commencer.

Les Carpates ça va jusqu’en Ukraine ?

Ben oui. Les Carpates s’étalent sur 8 pays. Avec les plus gros bouts en Roumaine et en Ukraine et de plus petits en Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Autriche et même Serbie.

Dans les références à peu près accessibles aux plus curieux dans les années 80 ou 90, Il y avait « Les chevaux de feu » cette fulgurante histoire de Roméo et Juliette des montagnes, issue d’une histoire de Kotsioubinski et filmée sauvagement par Paradjanov (d'origine arménienne mais qui a vécu en Ukraine). Un film d’avant-garde des années 60 plein de sang, de mouvement et de grandiloquence.

Folklore,  glisse et thermalisme, la montagne quoi !

Pour moi qui est vécu dans l’Ouest de l’Ukraine, les Carpates c’est les Houtsouls, les Lemki et les Boïki, différentes groupes que j’ai découverts lors des longues discussions entre des Ukrainiens de l’Ouest purs et durs, pour connaitre les subtilités et les antagonismes de ces différentes ethnies montagnardes. Un français d’origine ukrainienne et des copines de familles galiciennes pouvaient débattre là-dessus sans fin dans les bars obscurs de Lviv. Un peu comme des Ariégeois et des Béarnais à Toulouse.

Les images c’est aussi des chemises brodées, des forêts denses où des enfants presque nus ramassent du bois, où on évite de croiser des bûcherons quasi sauvages et le son des trembitas, ces longs cors des montagnes.

C’est le ski à Slavsko, station où on skie vraiment entre les arbres. Les quelques remontées mécaniques dans les années 90 demandaient une certaine confiance en l’espèce humaine. Des chaises de jardins accrochées à une tringle à rideau. Testées en début de saison en faisant des tours pour rien, avec des sacs de patates sur chaque siège. Les chalets avec sauna, les chachliks préparés par les fermières sur des barbecues au bord des pistes et un shot de vodka avant de descendre les rouges jamais damées.

Dans les Carpates ukrainiennes il y a aussi des villes d’eaux soviétiques comme Truskavets qui ont le même charme désuet que celles des Pyrénées en déclin. On y boit des eaux soufrées dans d’étranges petites tasses à bec en céramique. On y trouve aussi les tapisseries colorées de Mikhailo Bilas qui nous donnent l’image riante et colorée du folklore.

Et pour ceux qui sont plus curieux encore, on peut dépasser les classiques. Il y a eu un récemment un beau festival de cinéma ukrainien à Paris. Quelques infos. Pour découvrir ça et toutes les nombreuses belles choses d’Ukraine https://www.jaime-lukraine.fr.

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