L’autre jour j’ai ouvert le placard de ma nouvelle cuisine. Ce fut la révélation. Les tasses et mugs, voir les coquetiers ou les cendriers, ces choses sans valeur, c’est un résumé de vie sur 50 cm.

La mémoire, ce truc pas du tout logique, a stocké plein de petites histoires totalement inutiles, de l’enfance à avant-hier et elles sont toutes là alignées. En fait, il y a la même chose dans ma pile de tee-shirts. Et dans les marques pages stockés dans ma table de nuit.

Les vestiges de la vie étudiante

J’ai des mugs au logo de mon école, mais ça c’est le minimum. J’ai gardé aussi 2 mugs partagés avec mes colocataires. Les dessins de Gary Larson dessus sont quasiment illisibles, mais c’était quand même de grands moments qui sont là.

Les cadeaux inoubliables

Je garde aussi cette tasse, ce truc, un peu moche et pas à mon goût, parce que c’est ce qui

reste d’un moment spécial. D’une soirée folle. D’un lieu où on ne retournera pas. D’une personne singulière qu’on a perdu de vue. Moi c’est un marque-page turc comme un mini tapis de prière, offert par une délicieuse prof de français retraitée auvergnate, brune aux yeux très bleus, à la voix douce, mariée à un turc et rencontrée en Ukraine. Jamais revue depuis 1994. Je suis prête à retourner tout le lit si je ne le retrouve pas en éteignant la lumière le soir.

Des traces de nos morts

Il y a un truc sacré. Le service à asperge de ma grand-mère. Unanimement salué par la critique familiale comme une horreur, il trônait sur son buffet pendant les mythiques déjeuners en famille et je ne l’ai jamais vu utilisé. Il prend la moitié d’un placard dans toutes mes cuisines depuis que je l’ai et c’est non négociable.

Et puis ce bol breton cadeau de naissance fait à ma fille. Pas pratique. Un peu tarte. Que je garde comme un rappel du destin difficile de la parente éloignée qui nous l'a offert.

Les souvenirs de voyages plus ou moins marquants

Il y a le survivant d’un service de mugs polonais acheté dans un magasin de Varsovie. Je me souviens avoir mis du temps pour les choisir, je me souviens du papier d’emballage marron très rustique et épais qui les emballait et avec qui j’étais quand le les ai acheté. Il y a aussi une bonne grosse tasse souvenir de San Francisco choisie par les enfants dans un magasin de China Town.

Sommes-nous des homme-sandwich… ou des gens engagés ?

Les purs produits publicitaires ne sont pas trop représentés dans mes tasses. Mais dans les tee-

shirts on devient vite hommes et femmes sandwich des marques de sports de glisse, de tennis,… Ces purs produits marketing prennent une autre intensité quand on garde les mugs publicitaires des boites où on a bossé, des lancements commerciaux auxquels on a participé, des conférences incontournables où on est allé.

Pour notre égo, on préfèrera bien sûr arborer les tee-shirts issus de campagnes humanitaires, d’associations militantes pour l’ouverture d’un lycée, de mugs pour la croix rouge et le Téléthon, ou encore arborer un message rageur de révolte.

Juste des fans de…

Allez, on se fait plaisir et on ne renie pas ses goûts. J’ai un merveilleux mug Bowie. Des tee-shirts collectors de tournées obscures. Des tee-shirts du noir au jaune à l’effigie des associations sportives et musicales de Carbonne, village cher à mon cœur.

J’avoue, acheter la dernière lampe design signée Machin, ça me fait rien. Mais j’ai besoin d’avoir sous les yeux tous les jours ces petits objets imparfaits, pas tendance du tout et probablement pas Feng Sui pour un sou.

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