Cette année de célébration des 100 ans de la révolution russe me donne envie de partager des souvenirs surprenants, collectés entre Moscou, Kiev et Lviv dans cette grande transition entre L’URSS et le reste.

Le poids des mots est plus court en Russe

Alors j’ouvre mes vieux papiers, mes photos pour raconter quelques histoires.

 

Mon laissez-passer pour la résidence du MGIMO a malheureusment expiré en décembre 1991

A l’automne 1990 il faut encore avoir tout un tas de « propousk » laisser-passer, enregistrements et autorisation pour rentrer dans un bâtiment, prendre le train, arriver dans une ville, y séjourner quand on est étranger ou pire, habitant des campagnes…

Et en plus les frites étaient dégueulasses

Nous allons voir, médusés, la queue au premier Mac Do de Moscou, beaucoup plus longue que celle au mausolée de Lénine, avant de visiter l'usine modèle du même nom dans la banlieue de Moscou. Là, de jeunes employés modèles russes ravis, passent allègrement de leur serment de Pionniers aux préceptes sacrés de la gestion d'un fast-food.

Même le journal télévisé français est bluffé. Nous les Français, on peut toujours ricaner, on ne sait pas encore que Mac Do réussira encore mieux chez nous.

Un an après, vers le début septembre 1991, je reviens à Moscou et j'habite sur Koutozovki prospect. ça y est, l'URSS c'est fini. Les traces du putsch et des chars se voient dans l’asphalte en bas de chez moi.

Pour les curieux, des détails sur l'histoire du putsch raté : https://www.opendemocracy.net/od-russia/rodric-braithwaite/dog-days-of-soviet-union-coup, et

http://content.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,2024035_2024499_2024951,00.html.

Photos Jo Schwartz

Une révolution sans les grands mères qui amènent à manger sur les barricades, ça n'est rien.

 

Toujours en septembre, le Congrès des députés du peuple de l’URSS suspend la Constitution et adopte une déclaration sur les droits et libertés de l’Homme, avant de s’auto-dissoudre.

 

 

Par un drôle de concours de circonstances, j’étais là au Kremlin - pas dans le bâtiment du congrès, interdit d’accès aux étrangers - mais dehors, en stage avec des journalistes russes, à vendre un improbable et éphémère journal business Franco-Russe du groupe Hersant « delovie Lioudi » en version russe et « Business in the USSR » en version anglaise, on fait ce qu'on peut pour la révolution...

Il a aussi fait Stalingrad

 

J'avais aussi pour mission de les proposer à la vente dans les magasins en devises finnois de la chaîne Stockmann, et autres lieux de perdition du Moscou, réservés aux étrangers et rares russes alors détenteurs d'une carte de crédit.

A la sortie du de ce fameux dernier Congrès, les derniers élus flamboyants de l’Empire soviétique (a peu près 750 de toutes les Républiques) dans leurs uniformes ruisselants de décorations ou leurs tenues traditionnelles, encore incrédules à l’idée que ce soit la dernière, passaient dans l’allée en nous toisant.

 

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