Les cyborgs font partie de notre décor, ils ne nous ont jamais impressionnés... On connait tous par coeur la face expressive de l'increvable Scharzenegger, dans Terminator, avec lequel on a grandi et vieilli. C'était saugrenu, l’idée qu’on puisse trouver quelque chose de commun entre ce dévidoir de câbles, carrossé comme un truck américain et affublé d'une voix synthétique risible.

Dans un genre plus imaginatif, nous avons croisé les couvertures de Métal Hurlant, les romans de Philip K Dick et Iain Banks, Dune ou Hyperion.

Mais au fil des ans, la maîtrise de l’image progressait et ils sont devenus fréquentables visuellement, pour être même tout à fait adorables quand ils prennaient les traits de Wynona Rider dans Alien Résurrection. Pas de panique, ça restait quand même de la science-fiction…

 

Les choses se sont corsées quand ils sont devenus les héros d’histoires d’anticipation qui n’anticipent pas très loin de nous: dans la série Real Humans, on les achète pour faire le ménage, entretenir la maison, tenir compagnie aux vieux et servir dans les magasins. Ils ressemblent à Ken et Barbie et viennent totalement rebattre les cartes des relations au sein des familles et communautés humaines. Au point qu’on ne sait plus lequel est plus humain que l’autre…Mais bon, ce n’est toujours que du cinéma.

Un cran plus loin il y a des performeurs, artistes qui vivent sur la même planète que nous, mais pas tout à fait, qui font à leur corps des choses qui hérissent le mien : Harbisson, Orlan… …Les portes du transhumanisme sont ouvertes!

 

Parce qu'enfin, tout près de nous, de notre oreille et de notre poche, admettons que nos mobiles-prothèses-de-cerveau retiennent la vie à notre place : les noms de nos amis, les horaires de nos rendez-vous, les numéros de téléphone de nos proches, le chemin pour aller chez eux, les chansons qu’ils aiment, les noms des derniers livres qu’on a lu et les lieux qu’on a visités. Nous avons quand même déjà accepté de transférer beaucoup de nous à la machine et aux nuages du cloud. Peut-être même qu'on y trouvera le secret de la vie éternelle, puisque d'après des chercheurs, Facebook sera le plus grand cimetière virtuel. Rassurez-vous, d'autres chercheurs étudient ça de près, dans un programme auquel vous pouvez participer appelé ENEID: Eternités numériques. Les identités numériques post mortem.

Dans un genre plus léger, quand on parle à des gens sur le web, est-ce que ce sont de vraies intelligences ou de mignons algorithmes qui nous caressent dans le sens du poil pour nous amener à penser ou faire ce qu’ils veulent? Comme ces startups qui cherchent à nous « aider à nous divertir ». Faut-il vraiment que le divertissement devienne une tâche pénible pour en arriver là !

Alors, c’est nous les premiers Cyborgs ? Qu’on puise au moins frimer un peu ?

Peut-être même pas. Moi j’en connais qui sont bien plus avancés en technologies qui augmentent leurs capacités : hanches ou genoux artificiels, pacemaker, rétines synthétiques, appareils auditifs, implants de dents, de cheveux et d’autre parties molles, Plaques, greffes d’organes et de tissus,…

Ceux qui vivent depuis le plus longtemps la vie moderne des premiers trans-humains, c’est quand même nos parents… Ils déboguent pour nous tous types de prothèses internes et externes que nous n’aurons plus qu’à choisir sur étagère pour faire durer notre véhicule corporel et notre disque dur mental. Merci à eux.

 

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